Oléron, Nature & Culture

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Le centre de sauvegarde

Petit-duc scops (© C. Bavoux)
Centre de sauvegarde (© A. Nouailhat)

Créé en 1982, il est affilié à l'Union française des centres de sauvegarde de la faune sauvage (UFCS) qui regroupe une trentaine de centres ayant pour vocation de soigner de façon désintéressée les animaux sauvages en détresse trouvés dans la nature dans le but de les relâcher par la suite. Ces centres travaillent en étroite collaboration avec les vétérinaires : il n'est bien sûr pas possible de les visiter.


Le centre de sauvegarde du Marais aux Oiseaux dispose de deux bâtiments dédiés, d’une part, à l’infirmerie et à la contention des animaux en soins, d’autre part, au stockage et à la préparation de la nourriture. Il peut héberger jusqu’à 30 animaux simultanément grâce à six boxes d’isolement, 13 volières dites de réadaptation et deux volières de rééducation au vol, de respectivement 12 et 22 m de longueur. Il dispose également de trois cages réservées aux petits mammifères.


Depuis 1982, plus de 13 000 animaux appartenant à plus de 200 espèces – presque exclusivement des oiseaux – ont été consignés dans les registres d'entrée du centre. Parmi eux figurent quelques animaux exotiques, domestiques ou semi-domestiques, égarés, échappés de captivité ou saisis par l'administration.
Cinq espèces constituent, à elles seules, près du tiers des accueils, à savoir : l'Effraie des clochers qui cumule plus de 1 000 entrées, le Faucon crécerelle, le Guillemot de Troïl, le Martinet noir et la Tourterelle turque.


Près d'un quart des animaux réceptionnés ont été trouvés dans l'île d'Oléron, la plupart des autres à moins de 60 km du centre. Les mois de juin à septembre totalisent la moitié des accueils : cela s'explique par le fait que cette période correspond à l'émancipation des jeunes qui sont alors très vulnérables car inexpérimentés, mais aussi à l'augmentation sensible de la population durant la saison estivale ce qui accroît bien entendu la probabilité de découverte des animaux en détresse.


Dans près d'un cas sur deux, l'acheminement des animaux est effectué par les particuliers qui les découvrent. Afin d'être au plus près de l'attente des personnes qui ne peuvent pas se déplacer, l'équipe du Marais aux Oiseaux s'efforce d'aller chercher les animaux en détresse lorsqu'ils se trouvent à moins de 20 km du centre. Dans le cas contraire, leur acheminement est réalisé grâce au réseau Oiseaux blessés 17 créé en 1997 par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO 17) avec l'appui logistique de la société de transport 17 France Express, des vétérinaires et des sapeurs-pompiers de la Charente-Maritime, sans oublier les bénévoles de diverses associations de protection de la nature et de l'environnement, les agents de la Garderie départementale de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS 17) et ceux de la Fédération des chasseurs de la Charente-Maritime (FDC 17).


Les causes d'accueil sont déterminées à partir de l'examen des animaux réceptionnés et des conditions de la découverte (complété si nécessaire par une radiographie). Elles ne sont pas représentatives des causes de mortalité régissant les populations sauvages, en raison de nombreux biais inhérents, entre autres facteurs, à l'échantillonnage (la plupart des animaux sont ramassés le long des routes ou sur les plages), mais témoignent néanmoins de l'impact de certaines activités humaines sachant qu'une infime partie des animaux touchés est retrouvée et secourue. Globalement, quatre causes d'accueil se démarquent très nettement des autres :

– un état d'affaiblissement général (un cas sur quatre) dont la raison est malheureusement souvent inconnue, faute d'analyses ou d'autopsies systématiques : les espèces qui vivent en haute mer comme le Guillemot de Troïl et le Fou de Bassan sont les premières concernées ;

– la découverte de jeunes oiseaux non volants (un cas sur cinq) : ce sont principalement des rapaces diurnes et nocturnes ainsi que des Martinets noirs ;

– les chocs contre un obstacle (un cas sur cinq) comme un filin, une véranda… : rapaces diurnes, mouettes et goélands, pigeons et tourterelles sont les plus nombreux ;

– la circulation routière (un cas sur dix) : ici comme ailleurs, les rapaces nocturnes, tout particulièrement l'Effraie des clochers, lui payent un bien lourd tribut.

En moyenne, un animal sur dix meurt avant même d'arriver au centre. Nombreux sont ceux qui ne survivent pas dans les 24 heures suivant leur accueil ou qui doivent être euthanasiés en raison de leur état.

Plusieurs semaines de soins et de rééducation sont parfois nécessaires – par exemple dans le cas d'une aile ou d'une patte brisée – pour qu'un animal puisse être relâché. Actuellement, plus de la moitié des animaux pris en charge annuellement par le centre de sauvegarde retrouvent la liberté (morts à l'accueil exclus). Ceux dont la présence est attestée dans l'île d'Oléron sont relâchés depuis le centre de sauvegarde. Parmi les exceptions : les oiseaux pélagiques qui sont relâchés en mer et les jeunes oiseaux non volants qui sont parfois replacés dans d'autres nichées de la même espèce et du même âge.

Malgré les soins prodigués, il arrive que des animaux restent handicapés à vie (fracture mal consolidée créant un déséquilibre…), mais peuvent vivre décemment : ils sont alors transférés dans le parc de découverte en compagnie de congénères.


Si vous trouvez un animal sauvage en détresse dans la nature, il faut le signaler au centre de sauvegarde le plus proche (liste complète disponible sur le site Internet de l'UFCS) pour connaître la conduite à tenir. Ne surtout pas prendre de risques pour vous-même ou pour autrui en cas de danger évident (route à grande circulation, gros mammifère, animal agressif…) et prévenir les autorités compétentes (gendarmerie, police, sapeurs-pompiers…).